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Histoire de Compiègne /Compiègne dans l'Histoire

L'histoire de Compiègne en peinture

La salle du Conseil municipal (photo SHC)


Au rez-de-chaussée de l'Hôtel de ville gothique, bâti autour de 1500, la Salle du Conseil municipal occupe l'ancienne salle de la justice de paix. Elle est entièrement décorée de peintures monumentales, œuvres de Raymond Fournier-Sarlovèze (1836 - 1916), père de Robert Mortimer, maire de Compiègne de 1904 à 1935. Cet artiste qui se flattait de n'être que peintre amateur appartient en réalité à la noblesse d'empire et fut plusieurs fois préfet au début de la Troisième République. Il consacra la seconde moitié de sa vie aux lettres et aux arts et connut une vie mondaine brillante. A l'invitation de son fils, il réalisa, avec l'aide de José Vasquez, une série de neuf peintures murales évoquant certains épisodes de l'histoire de Compiègne. Ces peintures, achevées en 1907, forment un ensemble assez remarquable, caractéristique des décors historiques, à vocation autant décorative que didactique, présents dans de nombreux hôtels de ville sous la Troisième République.
D’une esthétique historiciste conventionnelle, on peut y remarquer divers anachronismes, parfois savoureux : telle la présence de la reine en 1153, alors que le roi Louis VII était déjà séparé d’Aliénor d’Aquitaine mais pas encore remarié à Constance de Castille. Enfin certains épisodes non moins importants, sinon plus, de l’histoire de Compiègne n’y figurent pas : fondation de la foire du Mi-Caresme (1099) ou des paroisses Saint-Jacques et Saint-Antoine (1199), point de Louis XV ordonnant la construction du château au XVIIIe siècle, ni les seize carmélites martyres de la Révolution (1794), encore moins de Napoléon III à la chute duquel fut fondée la Troisième République en 1870.

Texte d'Eric Blanchegorge - photos Schryve