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Histoire de Compiègne /Histoire de nos rues ...

Rue de Bournonville

Le nom de Bournonville donné à l’une de nos rues, rappelle bien des pages de notre histoire locale.
La rue de Bournonville, entre la rue Saint-Lazare et la rue de la Justice, tire son nom d’une ancienne famille qui a longtemps habité Compiègne et dont plusieurs membres ont participé à l’administration de la cité.
Cette famille, d’origine Lorraine, serait arrivée à Compiègne au XV  siècle, avec Toussaint Esmangart, qui vivait en 1470. Le fils de ce Toussaint, Nicolas Esmangart, fut capitaine de Pierrefonds, pour le duc d’Orléans, et devint seigneur de Bournonville, fief dépendant de la châtellenie de Pierrefonds. Son fils Arthus Esmangart de Bournonville, né en 1549, eut un fils unique, Jean, né en 1608, qui épousa Charlotte Crin, dont le père était arrière petit-fils de Pierre Crin, le célèbre attourné de Compiègne du temps de Jeanne d’Arc.
De ce mariage étaient nés plusieurs enfants qui furent à l’origine des différentes branches de cette famille. Le second, prénommé Jean, comme son père, fut le chef de la branche proprement dite de Bournonville. Né en 1652, il fut président du grenier à sel et lieutenant de la maîtrise des eaux et forêts de Compiègne. De son mariage avec Marie-Thérèse Jeuffrin, il eut quatre enfants, dont le second, Marie-François-de-Sales Esmangart de Bournonville, né en 1689, garde du corps à la compagnie de Noailles, épousa en 1716, Catherine-Charlotte Guillaume.
Il était propriétaire du fief dit de Bournonville qui s’étendait entre la chaussée Saint-Ladre, devenue depuis la rue Saint-Lazare, et la lisière de la forêt, englobant en partie le parc de l’hôtel du comte Foy, occupé aujourd’hui par l’internat de la section féminine du Lycée de Compiègne.
Marie-François Esmangart de Bournonville avait deux fils, Jean-Charles-François, né à Compiègne en 1717, et Marie-Claude, né en 1720. Tous deux quittèrent Compiègne. L’aîné, docteur en médecine, fut conseiller au baillage et siège présidial de Sens ; le cadet contrôleur à la connétablie de Joigny.
Le 19 septembre 1763, ils vendirent leur domaine de la rue Saint-Lazare, c’est-à-dire le fief de Bournonville et dix arpents de terre y attenant, à la marquise de Pompadour, qui avait, paraît-il, l’intention de revendre cette propriété au roi pour y établir un chenil pour ses chasses. Mme de Pompadour mourait l’année suivante, sans avoir réalisé ce projet. Le fief fut morcelé et vendu à divers acquéreurs. C’est dans ce terrain que fut tracée la rue de Bournonville, qui rappelle le souvenir de cette famille.
Cependant, si Mme de Pompadour ne put créer le chenil royal auquel elle avait songé, la rue de Bournonville a vu s’établir la Vénerie Olry dont le nom évoque les chasses et les solennités de Compiègne, notamment les fastueuses fêtes de Jeanne d’Arc dont c’était le point de rassemblement du cortège.

La rue de Bournonville (photo SHC)Des membres d’autres branches des Bournonville ont occupé des fonctions à Compiègne.
Jean Esmangart de Bournonville, né en 1768, mort en 1849 fut administrateur du Bureau de Bienfaisance. Son frère, François-de-Sales Esmangart de Bournonville de Saint-Maurice, né en 1769, ancien administrateur de la marine, fut adjoint au maire de Compiègne sous la Restauration. Il mourut à Compiègne le 5 février 1751 et fut inhumé au cimetière de Clamart.
Jean-Louis Esmangart de Bournonville, né en 1770, eut deux enfants de son mariage, en 1796, avec Marie-Jeanne Poulletier : Marie-Jeanne dite Mimi, née en 1797, morte en 1772, mariée au comte Léonard de Talorbe, et Jean-François dit Titi, né en l’an VI, décédé en 1880. Le 28 janvier 1824, « Titi », ancien lieutenant de cavalerie, épousait Marie-Constance-Aline Borel de Favencourt, née à Beauvais en l’an XIII, fille de Barthelemy Borel de Favencourt, sous-préfet de Compiègne, et de Joséphine Moreau de Bellaing.
Bien d’autres Esmangart de Bournonville seraient à citer et ont été intimement mêlés à la vie compiégnoise depuis le XV siècle et y ont été rattachés par des alliances avec un grand nombre de familles de Compiègne et de la région.
 
Par Jacques Mermet, tiré de "nos rues ont une histoire".