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Histoire de Compiègne /Histoire de nos rues ...

Rue Aubrelicque

Entre la rue de Soissons et la place Jules-Dulac se trouve la rue Aubrelicque, rappelant la mémoire d’un ancien maire de Compiègne, conseiller général et sénateur de l’Oise.
Jean-Louis Aubrelicque était fils d’un ancien receveur d’enregistrement de Compiègne, Marie-Valentin Aubrelicque. Il naquit le 10 avril 1814, à Roye (Somme), où sa mère, née Esther-Victoire de Crouy, s’était réfugiée lors de l’invasion. Il fit ses études au collège de Montdidier et de Compiègne, devint receveur d’enregistrement à Ribécourt, puis à Attichy. Nommé vérificateur il était nommé vérificateur de l’enregistrement et des domaines, il fut élu conseiller municipal de Compiègne, en août 1860, le second de la liste, avec 1.95 voix, suivant immédiatement M. Eugène Floquet.
Le 8 juillet précédent, il avait été élu conseiller d’arrondissement par 1.792 voix contre 1.165 à M. Louis-Alfred de Seroux, maire de Venette, en remplacement de M. Desmarest-Lebel, décédé.
M. Aubrelicque fut réélu conseiller municipal de Compiègne en juillet 1865, le second de la liste, et, en tête, en août 1870 et avril 1871.
Par décret du 2 février 1872, il est nommé maire de Compiègne, en remplacement de M. Eugène Floquet, décédé. Il était réélu conseiller municipal le 22 novembre 1874, en tête de liste, par 1.605 voix.
Le 17 juin 1875, M. Aubrelicque démissionnait de ses fonctions de maire, qui furent occupées provisoirement par M. Leveaux, qui fut l’un des collaborateurs du vaudevilliste Labiche. Mais le 25 octobre 1876, M. Aubrelicque était de nouveau nommé maire de Compiègne, avec MM. Alphonse Chovet et Villemont comme adjoints. Il abandonna définitivement la mairie et le conseil municipal, lors des élections de janvier 1878.
M. Aubrelicque avait été réélu conseiller d’arrondissement en 1864, 1870 et 1871. Le 12 mars 1872, il était élu, sans concurrent, conseiller général de l’Oise, en remplacement de M. Eugène Floquet, et réélu le 4 octobre 1874. Il démissionna en 1878, en raison de son état de santé.
La Constitution de 1875 ayant créé deux Assemblées législatives, le Sénat et la Chambre des Députés, les premières élections sénatoriales eurent lieu le 30 janvier 1876.
En vue de ces élections, une réunion avait été convoquée à Creil, le 28 décembre 1875, par MM. Meurinne, Pelletier, Moison et de Caix de St-Aymour, conseillers généraux, en vue de réaliser une union de tous les républicains modérés ou radicaux. On y élabora un programme très court par lequel on exigeait des candidats l’engagement de défendre énergiquement la Constitution républicaine. Cette réunion préparatoire établit une liste de six personnes parmi lesquelles devaient être choisis les trois candidats républicains. M. Aubrelicque figurait sur cette liste avec MM. Gérard (de Blincourt), Boudeville, Levavasseur, le colonel d’Andlau et Célestin Lagache.
Par la suite, l’union constitutionnelle qui avait été fondée à cette réunion désigna comme candidats, M. Aubrelicque, conseiller général de Compiègne ; le colonel d’Andlau, conseiller général de Liancourt, et M. de Malherbe, conseiller général et maire de Beauvais.
Les élections sénatoriales eurent lieu le 30 janvier. Au premier tour de scrutin, M. de Malherbe était élu par 596 voix et M. Aubrelicque, par 497, sur 777 votants. M. d’Andlau était élu au second tour. Les trois candidats, soutenus par les hommes politiques, radicaux ou modérés, que l’on considérait alors comme les pionniers de l’idée républicaine, Meurinne, Boudeville, Rabot, Levavasseur, Moison, l’emportait sur la liste conservatrice.
M. Aubrelicque ne se représenta pas aux élections sénatoriales du 5 janvier 1879. Il touchait alors à ses derniers jours, car il mourut à Compiègne, dans l’après-midi du 30 mars 1879, en sa maison, n°20 rue d’Enfer (aujourd’hui rue Le Féron), qui avait été acquise par son père en février 1827, et où celui-ci était mort le 18 juin 1844.
M. Aubrelicque avait été longtemps administrateur de la Caisse d’Épargne de l’arrondissement de Compiègne et c’est à ce titre que son nom fut donné à l’une des rues tracées dans le quartier Bellicart, parmi les maisons ouvrières crées par la Caisse d’Épargne.
Jacques Mermet.