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Histoire de Compiègne /Histoire de nos rues ...

Le quartier des Veneurs

L'actuel quartier des Veneurs regroupe deux des anciens faubourgs agricoles du vieux Compiègne, à proximité de la forêt : le faubourg Hurtebise, nom dont l'origine reste obscure, et le faubourg Saint-Accroupy, du nom déformé de saint Eutrope. [Considéré comme le premier évêque de Saintes, Eutrope est réputé favoriser la guérison de l'hydropisie, des migraines et de divers maux sans compter d'être le patron des pendus qui de fait passaient par là pour aller au gibet...]
A l'angle des rues Carnot et de Clamart, subsiste encore une statuette, hélas acéphale, qu'on pense représenter ce saint. Témoin de ce passé agricole, la ferme de la Fosse Moyenne abrita un temps la petite meute créée en 1730 pour les chasses du roi Louis XV ; son logis et sa porte cochère remontent au XVIIIe s. La place qui s'étend à cet endroit, lieu d'un marché toujours apprécié, abrite le monument dédié le 28 février 1937 à Fleurant Agricola (1864-1936), fondateur du parti paysan. Compiégnois d'adoption, professeur au Collège, journaliste, il se consacra à la défense du monde paysan et des commerçants ruraux. Mort à Margny en juin 1936, son monument, sculpté par Joanny Durand (1886-1956), s'éleva d'abord sur le quai portant son nom, au bord de l'Oise, déplacé place Carnot en 1965. Non loin, en 1786, fut installé le cimetière de Clamart après la fermeture des cimetières paroissiaux de Saint-Jacques et Saint-Antoine, selon l'ordonnance royale interdisant, à l'imitation de l'antique Rome, d'inhumer à l'intérieur des villes. Ce cimetière, peu à peu "rattrapé" par l'urbanisation croissante de Compiègne, devint une nécropole en 1885 puis fut définitivement fermé durant la Première Guerre mondiale et ses plus fameux monuments transférés au cimetière Nord. Quoique protégé au titre des Monuments historiques, il fut nivelé et ses vestiges dispersés en 1960. N'en demeurent que le portail, la plaque à la mémoire du major Otenin, défenseur de Compiègne en 1814 et deux tombeaux néoclassiques aujourd'hui déplacé dans le parc de Songeon. L'ancienne rue Saint-Accroupy, dédiée en 1894 au président Carnot assassiné, conduit à l'ancienne clinique Saint-Côme (déplacée sur les terrains du camp militaire de Royallieu) qui succéda à l'institution catholique Pierre d'Ailly que fréquenta Guynemer, tandis que la rue de Clamart abrite le Temple protestant reconstruit par Henri Bernard, grâce à la générosité des Etats-Unis, après la Première Guerre mondiale. Les Veneurs, avec ses écoles, ses commerces, son marché, demeure somme toute un quartier résidentiel à taille humaine, entre le Centre ville et la forêt.

Par Eric Blanchegorge, président de la Société historique