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Histoire de Compiègne /Compiègne dans l'Histoire

Louis XV

 Si Louis XIV accusait Compiègne de le loger en paysan, Louis XV y fit de fréquents séjours : 27 au cours de son règne, de quatre à six semaines chacun, entre les mois de mai et d'août. De fait, Compiègne fut ville de gouvernement comme Versailles ou Fontainebleau et le roi y réunissait son conseil. Il y signa, avec Gênes, les traités préparant le rattachement de la Corse à la France. Passionnés de chasse, il appréciait tout particulièrement la forêt qui perd à cette époque son nom de Cuise pour prendre définitivement celui de Compiègne. Le roi y fit tracer plus de 200 voies nouvelles. 
Aux plaisirs de la chasse, s'ajoutaient ceux de la guerre. En effet, de très nombreux camps militaires se tinrent aux abords immédiats de la ville. Ainsi, en 1764, fut testé, dans la plaine de Royallieu, la nouvelle artillerie conçue par l'ingénieur Gribeauval. 1769 vit le triomphe de Madame du Barry, la Dame de Compiègne, devant laquelle le roi fit défiler ses troupes. Ces fastueuses et spectaculaires parades, moitié militaires, moitié mondaines, augmentent encore le lustre du séjour royal. 
Aussi, la faveur du roi va profondément et durablement orienter l'avenir de Compiègne. Louis XV ne se contente pas de moderniser : l'architecte Dubois et l'ingénieur Claude Bouillette jettent un nouveau pont sur la rivière en 1732 - 1733 ; mais il confie à Jacques Ange Gabriel la réalisation d'un vaste et ambitieux projet urbain qui vise à fondre en un tout homogène, ville, château et forêt. Cela entraîne, à partir de 1751, la destruction de la vieille résidence royale, continuellement transformée de Charles V à Louis XIV, et l'édification de l'actuel château, du plus pur style néo-classique, caractéristique de la seconde moitié du XVIIIe siècle, augmenté d'un vaste parc ouvert sur la forêt. Après la mort du Bienaimé, la cour ne reviendra guère à Compiègne, mais Louis XVI continuera malgré tout l'œuvre de son grand-père et Le Dreux de la Châtre achèvera le château, symbole du pouvoir royal.
 
Texte de François Callais