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Histoire de Compiègne /L'Histoire vue par la presse locale

Le coup d’Etat du 2 décembre 1851 vers la proclamation de l’Empire de décembre 1852

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Ce que vous découvrirez dans le journal

Journal du 6 décembre :
Voir page 1, quatre jours après le coup d'état, la presse est suspendue et le journal se borne à publier les petites annonces

Journal du 17 décembre :
Voir page 1, la levée de l’interdiction de publier pour le « Progrès de l’Oise »
Voir page 2, colonne 3 –Département de l’Oise, l’adresse du préfet de l’Oise aux habitants pour les rassurer
Voir page 3, colonne 1 – Compiègne , l’organisation des élections des 20 et 21 décembre

Le contexte historique

Depuis qu’il a été élu au suffrage universel avec 74% des voix, avec le soutien du Parti de l’Ordre « président des Français » en 1848 contre Louis Eugène Cavaignac, Louis-Napoléon Bonaparte s'est retrouvé en confrontation politique perpétuelle avec les députés de l’Assemblée nationale. La constitution établissant la non-rééligibilité du président, Louis-Napoléon doit légalement quitter le pouvoir en décembre 1852.  Comme les élections législatives doivent avoir lieu la même année, l'assemblée avait voté le principe de tenir les deux élections à la même date, au printemps 1852, soit 7 mois avant la fin théorique du mandat présidentiel.
Au début de l'année 1851, la classe politique dans son ensemble, à l'exception des républicains, est cependant convertie à l'idée d'une révision constitutionnelle pour supprimer la clause de non-rééligibilité du président de la république, le risque de voir Louis-Napoléon se représenter illégalement et remporter la majorité des suffrages populaires étant réel.
Le 21 juillet 1851, au bout d'un mois de débat, l’Assemblée se prononce sur la réforme constitutionnelle. Bien qu'obtenant une majorité de 446 voix en sa faveur contre 278 voix opposées, la révision constitutionnelle n'est pas adoptée, faute d'avoir obtenue plus de 3/4 des suffrages des députés, seuil exigé par la constitution.
Si les rumeurs de coup d'État avaient commencé à circuler au début de l'année 1851, c'est à partir de l'échec de la révision constitutionnelle que la certitude d'une épreuve de force, dont l'initiative partirait de l'Élysée, s'impose dans le grand public. Celle-ci est minutieusement préparée à partir du 20 aout 1851 à Saint-Cloud. Les initiés étaient peu nombreux et regroupés autour du duc de Morny.
Conseillé par Morny, Louis-Napoléon entend redemander à l’Assemblée nationale de rétablir le suffrage universel et d'abroger ainsi la loi électorale de 1850. Léon Faucher, qui refuse de soutenir l'initiative présidentielle, démissionne le 12 octobre suivi des autres ministres du gouvernement. Un nouveau cabinet est formé le 27 octobre comprenant 3 représentants de l'Assemblée et le général de Saint-Arnaud, nommé au ministère de la Guerre. Ce dernier rappelle aux militaires leur devoir « d’obéissance passive », le 1er novembre 1851, par une circulaire qui demande de « veiller au salut de la société ». D’autres proches sont placés aux postes clés : le général Magnan est nommé commandant des troupes de Paris ; le préfet de la Haute-Garonne, Maupas, est promu préfet de police de Paris en remplacement de Carlier.
Pendant ce temps, la proposition d'abrogation de la loi électorale est déposée à l'Assemblée le 4 novembre 1851. Elle est rejetée le 12 novembre par 355 voix contre 348, soit seulement par 7 voix de majorité.
Alors que des députés demandent la mise en accusation du président de la république, Thiers et ses amis tentent de réactiver un décret de la constituante, tombé en désuétude, qui donnait au président de l'Assemblée le droit de requérir directement l'armée sans avoir en référer au ministre de la guerre. Pour Louis-Napoléon, c'est une déclaration de guerre et un plan d'action est immédiatement mis au point pour mettre l'assemblée en état de siège au cas où une telle loi serait adoptée. Elle est finalement repoussée par 408 voix (la majorité des républicains, les bonapartistes et de nombreux royalistes) contre 338 (la majorité des Orléanistes et des Légitimistes).
Convaincu de la nécessité d’un coup d’État du fait des derniers refus de l’Assemblée, Louis-Napoléon le fixe lui-même pour le 2 décembre, jour anniversaire du sacre de Napoléon en 1804 et de la victoire d’Austerlitz en 1805. L’opération est baptisée Rubicon, par allusion à Jules César.
Arrestations, expulsions hors de France, déportations (surtout en Algérie), répression de toute manifestation hostile, passivité des faubourgs ouvriers, permirent son succès. Le plébiscite des 11 et 22 décembre 1851 approuva ce coup d’Etat à une écrasante majorité. Une constitution, le 14 janvier 1852 –imitée de celle de l’An VIII de la République- fit du président un véritable monarque et l’Empire put être officiellement établi le  décembre 1852, après une tournée triomphale en France et avoir proclamé à l’Europe « l’empire c’est la paix ! » Un autre plébiscite rétablir l’empire et Louis-Napoléon est proclamé empereur le 2 décembre 1852, après son entrée solennelle dans Paris.