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Histoire de Compiègne /Compiègne dans l'Histoire

Compiègne témoin de l'histoire

Vieux terroir fréquenté depuis la plus haute antiquité, seule la présence d'une villa royale mérovingienne et la volonté de l'empereur Charles le Chauve de créer une Carlopolis, rivale d'Aix-la-Chapelle, expliquent la naissance de Compiègne à la fin du IXe siècle. L'amour de la chasse conduira pratiquement tous les souverains, jusqu'à Napoléon III, à séjourner dans ses murs. Elle conservera toujours ce double rôle de lieu de détente en même temps que de siège du pouvoir. Fondation de l'empereur Charles, l'abbaye Saint-Corneille reste au coeur de l'histoire de Compiègne jusqu'à la Révolution. La richesse de ses reliques, saint Suaire, Voile de la Vierge, dépouilles des martyrs saint Corneille et saint Cyprien, incite les pèlerins à visiter l'abbaye et fonde, autant que la foire du Mi-Carême, une partie du renom et de la richesse de la ville.
Située sur la rive gauche de l'Oise, au débouché du confluent de l'Aisne, Compiègne occupe une position géographique enviable qui l'a amenée à jouer un rôle stratégique et militaire important.

Dès l'origine, elle apparaît comme une place forte, ceinte de remparts et de fossés, point de passage vers le Nord et les Flandres durant tout le Moyen Age. Les guerres qui déchirent le royaume de France font d'elle un enjeu, parfois essentiel.

Louis XIV au camp de Coudun (photo Schryve)Place forte immédiatement au nord de Paris, foyer religieux, séjour favori des rois, telle est Compiègne, au bord de l'Oise, au cœur de l'une des plus belles forêts d'Europe. Des nombreux épisodes qui scandent une histoire si souvent confondue avec celle de la France, que retenir ? Les fastes de la vie de cour ponctuent à intervalles réguliers le quotidien de la cité picarde : tournois médiévaux au temps du roi saint Louis qui aima résider souvent dans la ville, grandiose parade militaire du Camp de Coudun en 1698 dont Louis XIV voulut éblouir l'Europe, somptueux château royal construit d'une seule venue par Gabriel sur ordre de Louis XV en un style néoclassique emprunt de majesté, pompe des fêtes marquant l'arrivée de Marie-Antoinette en France, Napoléon Ier accueillant Marie Louise ou Louise d'Orléans épousant Léopold de Belgique, aimables réceptions des invités des Séries de Napoléon III et Eugénie...

Le franc de Jean le Bon (Musée Antoine Vivenel) La politique de la France s'y décide parfois quand Jean le Bon y signe l'ordonnance créant le franc en 1360 ou lorsque Louis XV, traitant avec la République de Gênes, y décide le rattachement de la Corse à la France en 1756 et 1764. Les guerres marquent de leur empreinte douloureuse la ville et sa population. C'est Jeanne d'Arc, venue repousser les Anglo-Bourguignons assiégeant la cité fidèle à Charles VII, capturée devant ses murailles le 23 mai 1430 et dont la captivité s'achèvera sur le bûcher fatal. 1814 puis 1815, comme 1870, voient la ville envahie.

La signature de l'Armistice de 1914, carrefour de Rethondes
Durant la Grande Guerre, Compiègne, à l'arrière immédiat du front, devient le grand hôpital des troupes alliées et accueille le Grand Quartier général d'avril 1917 à mars 1918. Le 11 novembre 1918, l'Armistice est signée en forêt sur le territoire de Compiègne. La Seconde Guerre mondiale apporte son lot de destructions : en mai 1940, Compiègne brûle alors que par revanche un nouvel armistice est signé fin juin au même lieu.
Heures tragiques enfin qui voient les seize bienheureuses Carmélites de Compiègne partir pour l'échafaud en juillet 1794, ou les longues files de déportés gagner péniblement le camp de Royallieu dans un faubourg de la ville. La plupart des 53 000 détenus furent envoyés en Allemagne. De ces souvenirs, parfois douloureux, d'une histoire millénaire, témoignent de magnifiques monuments que le curieux pourra parcourir ci-après au gré de sa fantaisie ou de ses intérêts.