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Histoire de Compiègne /L'Histoire vue par la presse locale

Le soulèvement de la Commune de Paris

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Ce que vous découvrirez dans le journal

Journal du 8 avril 1871 :
Voir Page 1 : le déroulement des évènements dans Paris où les combats ont débuté ; le journal est favorable aux fédérés contre les Versaillais (voir page 1, en bas de la colonne 4 où l'on parle des "bandits de Versailles")

Journal du 27 mai 1871
:
Voir page 1 colonne 1: Le journal change son point de vue ; les "bandits sanguinaires" sont maintenant les fédérés ; lire colonnes 4 et 5 la description de Paris en flammes
Voir page 2 colonne 2, les évènements vus de Compiègne

Le contexte historique

Dernière révolution du XIXe siècle et première tentative d’une dictature du prolétariat, la Commune fut l’aboutissement d’une tradition révolutionnaire puisque la commune établie à Paris à la suite du 14 juillet 1789, devenue insurrectionnelle –aux mains des jacobins après le 10 août  1792- organisa les massacres de septembre  et la Terreur, mais après la chute de Robespierre elle fut réprimée et dissoute en municipalités distinctes.
Le second Empire vit  la croissance de l’industrie et de la classe ouvrière à laquelle fut d’ailleurs reconnu le droit de grève. La liberté de réunion -loi de 1868- permit la propagande révolutionnaire.
 
En juillet 1870, Napoléon III entreprend une guerre mal préparée contre la Prusse qui le conduit rapidement à la défaite. Le4 septembre 1870, à la suite d'une journée d'émeute parisienne, l'Empire est renversé et un Gouvernement de Défense nationale s'installe à l'Hôtel de Ville de Paris pour poursuivre la guerre contre les États allemands dont les troupes occupent la partie nord du pays. Au cours de l'hiver 1870-71, Paris est assiégé et connaît une grave famine. Jules Favre signe un armistice avec le chancelier allemand Bismarck qui prévoit, outre la fin des hostilités pour une période de quinze jours renouvelables, la convocation d'une Assemblée Nationale, chargée de décider de la poursuite de la guerre ou de la conclusion de la paix.
Les élections du 8 février, organisées dans la précipitation pour signer au plus vite l'armistice, envoient une forte proportion de monarchistes, candidats des listes "pour la paix", à l'Assemblée nationale. En revanche, la plus grande partie des élus de Paris sont des républicains, des listes "pour la guerre", souvent extrémistes. En effet le peuple parisien pense s'être correctement défendu et ne se considère pas comme vaincu. Il existe un fossé grandissant entre les provinces et la capitale, confinant parfois à l'exaspération, la guerre ayant été déclenchée en grande partie sous la pression de la rue parisienne.
Depuis le 17 février, le gouvernement de la République est dirigé par Adolphe Thiers ; il cherche à conclure un traité de paix avec la Prusse. Les Parisiens, qui ont supporté un siège très dur, veulent "protéger Paris des Prussiens" et ouvrir une nouvelle ère politique et sociale.
C'est donc l'épreuve de force entre les royalistes, grands bourgeois et conservateurs provinciaux, tous favorables à une paix rapide avec l'Allemagne, retirés à Versailles et les classes populaires parisiennes (essentiellement celle des quartiers de l'est et du nord parisiens) qui ont été les principales victimes de la famine qu'a causé le siège de Paris  et craignent de se voir une nouvelle fois frustrées des bénéfices de « leur » révolution de septembre 1870 (renversement du Second Empire).
 L'Assemblée, méfiante du Paris populaire toujours prêt à s'enflammer, décide, le 10 mars, de siéger à Versailles et une politique sociale qui va mettre en difficulté une partie des Parisiens. Elle décide la suppression du moratoire des effets de commerce, des loyers et des dettes. De nombreux ouvriers, artisans et commerçants se voient menacés dans leurs moyens de vivre. De plus, l'assemblée supprime la solde quotidienne de 1,50 franc des soldats de la Garde Nationale
Le 17 mars, le gouvernement de Thiers tente de récupérer les canons qui se trouvent sur la butte de Montmartre. Mais les Parisiens refusent que les troupes françaises les emmènent et craignent que les Prussiens, entrés dans la ville, ne s'en emparent. Population et soldats fraternisent.
Thiers gagne Versailles, suivi d’environ 100 000 Parisiens, provenant surtout des quartiers chics de l'ouest parisien ou fonctionnaires. Les élections sont organisées le 26 mars pour désigner les 92 membres du Conseil de la Commune.
Rapidement, le Conseil de la Commune se divise en « majorité » et « minorité » :
- Les majoritaires sont les « jacobins », les « blanquistes » et les « indépendants ». Pour eux le politique l'emporte sur le social. Se voulant les continuateurs de l'action des Montagnards de 1793, ils voteront toutes les mesures sociales de la Commune. Ce sont eux qui imposeront la création du Comité de Salut public le 28 avril par 45 voix contre 23.
- Les minoritaires sont les « radicaux » et les « internationalistes » proudhoniens, ils s'attachent à promouvoir des mesures sociales et anti-autoritaires, ils sont les partisans de la République sociale et refusent la création du Comité de Salut public.
Le Conseil de la Commune prend de nombreuses mesures : délai de trois ans pour régler ses dettes et les échéances, réquisition des locaux vacants au profit des sinistrés des bombardements allemands, distribution de la nourriture dans des cantines municipales, mais aussi création des premiers mouvements féministes, liberté de la Presse, salaire plafonné pour les fonctionnaires, tentative d’amélioration de la condition des travailleurs par l’auto gestion d e ceux-ci, enseignement laïcisé …..Cependant l’appel à l’autonomie absolue de toutes les communes de France rencontre peu d’écho, ni celui aux travailleurs des campagnes. L’arrestation des otages, dont l’archevêque de Paris, Mgr Darboy, provoqua une indignation générale ; tous les grands écrivains de l’époque, dont Hugo et Zola, se montrèrent hostiles à la Commune.
A partir du 2 avril, les « Versaillais » passent à l'attaque les premiers et s’emparent du Mont Valérien, de Courbevoie et de Puteaux. Le 5 mai ils s’emparent du village de Clamart et le 13 du fort de Vanves, le 21 mai ils pénètrent dans Paris par la Porte de Saint Cloud ; alors commence la Semaine sanglante ; les derniers combats se déroulèrent dans le cimetière du Père Lachaise le 28 mai.
La répression contre les Communards fut impitoyable : 20 000 fusillés, 5000 déportés. Les lois d'amnistie n'interviendront qu'en 1880. Aux fusillades des Versaillais répondirent les massacres des otages et de gendarmes. Les communards incendièrent de nombreux monuments : les Tuileries, la Cour des comptes, le Conseil d’Etat, le palais de la légion d’honneur, le ministère des finances.
Karl Marx qui avait souhaité en 1870 la victoire des Prussiens sur la France (lettre à Engels) finit par saluer la Commune en tant qu’une phase essentielle du mouvement révolutionnaire ; elle fut aussi invoquée lors de la crise française de 1968.