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Découvrez l'histoire du collège de Compiègne

  Le collège puis lycée de Compiègne a longtemps été localisé à l’ombre du château, rue d’Ulm (actuel collège Ferdinand Bac). Dès l’entre-deux-guerres mondiales pourtant, l’accroissement des effectifs avait rendu les bâtiments historiques du collège insuffisants, notamment en raison de la scolarisation d’effectifs féminins à partir de 1928. D’où la création d’un collège de jeunes filles en 1941 (actuel collège Jacques Monod).  En octobre 1949, la transformation en lycée - qui regroupe les deux collèges sous une dénomination plus prestigieuse - se réalise enfin. Ce lycée est alors dédié au cardinal Pierre d’Ailly sur proposition de Jacques Mourichon, conseiller municipal, et président de la Société historique de Compiègne
Fondé grâce à un legs du curé de Saint-Jacques Mathieu Boscheron à la fin du XVIe siècle, le collège de Compiègne, d’abord tenu par des laïcs, le fut ensuite par des congrégations religieuses (Jésuites, puis Bénédictins) avant d’être définitivement laïcisé pendant la Révolution française. Ecole secondaire communale sous le Consulat, puis simple collège sous l’Empire - ce terme, repris de l’Ancien Régime, ne recouvre plus à partir de cette date la même réalité -, il le demeura jusqu’en 1949, malgré les vœux réitérés des autorités locales et de l’AAEC, qui souhaitaient la promotion du collège au rang de lycée. Un patrimoine varié porte témoignage de cette longue histoire. L’un des buts de cette journée est de faire connaître certains des lieux de mémoire de l’enseignement secondaire à Compiègne : bâtiments, œuvres d’art, livres, ou même instruments et appareils donnés par Napoléon III au cabinet de physique du collège Louis-Napoléon en 1862. In fine seront évoqués les hommes qui ont fréquenté ces lieux et incarné ces institutions : élèves, professeurs, principaux, aumôniers. L’AAEC, fondée en 1873, unit dès l’origine la municipalité, l’administration du collège, les anciens élèves et les professeurs dans un même culte pour l’enseignement des Humanités et la sélection par le mérite. Cette association, qui existe toujours aujourd’hui sous le nom d’AAECL, est la mémoire vive du collège et du lycée. Mais le rayonnement et le prestige du collège de Compiègne, puis du lycée Pierre d’Ailly, tiennent surtout aux professeurs qui y ont dispensé leur enseignement. Plusieurs d’entre eux ont en effet acquis une large notoriété. Proche de Paris, le collège puis lycée de Compiègne a ainsi accueilli à leurs débuts une pléiade de jeunes professeurs - le Père Le Tellier, appelé à devenir le confesseur de Louis XIV, au XVIIe siècle ; le Père de Clorivière au XVIIIe ; Augustin Thierry au XIXe ; Henri Clouard, François Furet, Annie Kriegel, Jean Tulard ou Michel Rouche au XXe - promis à une brillante carrière qui les éloigna vite de Compiègne. D’autres professeurs, introduits eux aussi dans les milieux intellectuels parisiens, y firent l’essentiel de la leur, auréolés, pour leurs élèves, du prestige d’une reconnaissance médiatique nationale, voire internationale (Michel Drucker, spécialiste de Renoir, Serge Jouhet, et Roger Judrin notamment).
           
             Le lycée Pierre d’Ailly est donc l’héritier d’une longue histoire, remontant à la fin du XVIe siècle, qui a tissé des liens étroits entre cette institution, son patrimoine, sa communauté scolaire et la ville de Compiègne. Lieu de vie, lieu d’enseignement et foyer de culture, il cherche à maintenir, au seuil du XXIe siècle, une tradition pluriséculaire d’excellence scolaire.